Swan Lake
Mardi j'étais à Mogador avec un ami pour voir Swan Lake, la version Matthew Bourne du Lac des Cygnes, cette version paraît-il succès mondial où les cygnes sont incarnés par des danseurs masculins. Ca change de la douceur du ballet habituel avec ses rangés de tutus et de jambes en alignements...
Impression mitigée. Au départ je me suis même demandé ce que je faisais dans cette salle, et je trouvais que le début était une grossière arnaque par rapport à ce que j'attendais, par rapport aux photos qu'on voit sur les affiches.
Pour tout dire, ça n'est pas dansé au départ, c'est juste du théâtre sans paroles. Un prince se réveille, et vaque à ses occupations princières sous l'oeil bienveillant mais rigoureux de madame la reine et son maître de cérémonie. Il croise une jeune fille dont il s'amourache, la présente à sa mère, l'amène à l'opéra (le seul moment que j'ai apprécié dans ce premier acte, la parodie dansée sur la scène de cette opéra), mais la jeune fille est trop vulgaire et ne plaît pas à madame notre mère. Le prince est désespéré, il traîne dans une boîte de nuit dont il finit par se faire jeter, ivre. Et enfin un moment intéressant arrive. Seul dans un parc, il décide de se suicider, rédige sur une feuille récupérée dans une poubelle ses adieux au monde, et va pour se jeter à l'eau dans un lac... mais en est arrêté par un ballet de cygnes. Le moment que j'ai apprécié dans cette première partie. Grosso modo on m'aurait supprimé le prologue et le premier acte pour passer directement à l'acte second que ça ne m'aurait pas gêné.
Ensuite l'entracte, et la surprise de voir une ouvreuse qui vend des glaces, comme au cinéma. On ne voit pas ça au Théâtre des Champs-Elysées. Et même les rares fois où j'étais venu à Mogador, je n'avais pas eu droit à la vendeuse de glaces. Mais peut-être est-ce réservé aux spectacles populaires (moi j'étais venu pour de la musique classique, dont une superbe messe glagolitique de Janacek...)?
Après l'entracte, retour au palais, notre prince a retrouvé goût à la vie et a repris le cours normal de sa vie. Jusqu'à ce bal royal où un superbe étranger arrive dans lequel il reconnaît son prince. Mais le prince court les femmes et l'ignore royalement, le re-jette, le bat (et là je me suis retenu pour ne pas siffler! l'homosexuel militant qui refuse de se taire et de jouer profil bas s'est retenu, je trouvais ça honteux qu'on nous montre ce genre de mise à mort du pédé par la société bien pensante). Ensuite le prince est enfermé dans un hôpital psychiatrique, parce qu'il n'est pas normal (il aime un homme!!), et blablabla et blablabla...
En résumé dans cette laborieuse mise en scène, je n'ai vraiment apprécié que les parties dansées, et ça ne fait pas la moitié de l'action. Les parties avec les cygnes, et quelques danses au bal royal du troisième acte. Au final ça ne fait pas grand chose...
Vous ai-je jamais avoué que je ne trouve rien de plus beau que deux hommes qui dansent ensemble? Parfois quand je vais au Tango (la boîte rue au-Maire), j'arrive un peu en avance, avant la fin de la partie danse à deux et l'annonce du Madison qui fait la transition, et je regarde les couples qui dansent. Et quand je vois deux danseurs masculins qui dansent super bien entamer un tango ou un paso-doble, c'est le plus beau spectacle imaginable. J'aimerais bien dessiner des danseurs je crois... J'aime la rigueur et la tendresse, la proximité et la tenue à distance de ces danses codifiées où on ne se bécotent pas, où la distance entre les partenaires ne se choisit pas, où tout est jeu de séduction et de rejet. Et dans ce Swan Lake, les duos entre le prince (Simon Wakefield) et le cygne (José Tirado) étaient vraiment très émouvants. D'ailleurs José Tirado dans ses moments en solo étaient vraiment très bien, et surpassait de loin tout le reste de la troupe!




"je trouvais ça honteux qu'on nous montre ce genre de mise à mort du pédé par la société bien pensante"… Oui, enfin bon, ç'est une image du réél et c'est sensé être le cygne noir.
Rédigé par: Laurent | 10/01/2006 at 02:07
Hello Patrick, je viens tout juste de voir le spectacle ici a San Francisco. Je suis reste sur ma faim egalement et je trouve que c'est un peu du gachis. L'auteur n'est pas alle au bout de l'idee gay de l'interpretation (de peur de faire peur au public hetero ?). C'aurait pu etre tres bon mais c'est reste "so what ?".
Rédigé par: Franciscain | 16/04/2006 at 09:18