Marchandise avariée
"Sur le chemin du retour je suis passé du statut d'un gars super intéressant, beau et intrigant à celui d'une marchandise avariée". Ce n'est pas moi qui l'écrit, mais Pierre-Yves, et c'est ici. Quand j'ai lu cette phrase, je n'ai pas pu m'empêcher de me sentir touché, c'est un peu comme si je revivais quelque chose qui m'était arrivé une fois, deux fois, trois fois...
Et à chaque fois c'est toujours pareil, comme je l'écrivais déjà ici, "chaque fois est une nouvelle dévastation". Aujourd'hui j'en suis venu par me voir comme une marchandise avariée, un cadeau empoisonné, une denrée non consommable.
D'ailleurs quand j'ai fait ma dépression l'été dernier, c'était la première chose dont j'ai parlé à ma psy: je ne supporte plus de vivre seul, et je n'imagine pas que quelqu'un puisse avoir envie de vivre avec moi qui suis un poison ambulant.
Comment fait-on pour s'accepter quand on est séropositif? Comment fait-on pour se faire accepter par autrui quand on est séropositif? Quand peut-on le dire à l'autre sans qu'il ne prenne la poudre d'escampette?
Moi je n'ai jamais su. D'ailleurs c'est simple, j'ai tellement peur d'affronter à nouveau le rejet des gens que je ne rencontre plus personne, que je m'enferme dans ma musique et ma solitude. Mais ça ne pourra pas durer éternellement.
(je crois qu'il va falloir que je retourne voir ma psy, ça allait bien pendant trois mois, mais là j'ai l'impression que je suis en train de faire une rechute)
Pour lire la note de Pierre-Yves, c'est ici et ici (sinon pour le lien du blog, il est dans la colonne de gauche dans la liste des blogs que je lis tous les jours, j'adore ce blog), et vous y trouverez d'autres liens sur le sujet, notamment celui-ci et celui-là sur le sujet. Ces gens écrivent mieux que moi et vous expliquerons certaines choses mieux que moi avec mes petits mots. Et n'oubliez pas également d'aller jeter un oeil dans les commentaires... Bonne lecture!
(ce soir j'écoute L'Allegro, il Penseroso ed il Moderato de Handel dans l'enregistrement de John Nelson, et je me dis que vraiment j'aime beaucoup la voix de Ian Bostridge...)




Intellectuellement, je me dis que je n'ai qu'une chose à faire. C'est de recommencer. (Et le plus tôt sera le mieux, il ne faut pas que je marine dans cet état-là.) Statistiquement, ça devrait finir par fonctionner. Sauf que dans les faits, je ne sais pas si je serai capable de remettre les pieds dans ce restaurant ou de remettre ce que je portais ce soir là. C'est comme une réaction de fuite instinctive... deux fois, trois fois, je sais pas si j'aurais la force.
Rédigé par: Pierre-Yves | 04/04/2007 at 01:13
Chacun a une personnalité singulière... mais je crois que tu devrais retourner voir le psy..j'ai senti un fléchissement quand tu t'es mis à écouter le requiem de Mozart..
Pour le copain, tu oublies que l'on ne tombe pas amoureux de fait.. et les gays sont trés narcissiques... je pense que tu pourrais sortir un peu dans des lieux où les gays parlent ensemble
Rédigé par: Zopiros59 | 04/04/2007 at 08:36
Décidemment tu aimes beaucoup Haendel..il faut que ce soit l'Allégro qui l'emporte dans cette belle partition..
En repensant à ce que tu disais, je me suis souvenu de ces vers de Phédre bien connus.. et déprimant à souhait.. ce ne sont pas des consolations..mais pour te dire qu'il ne faut pas trop t'écouter et penser un peu à bouger sous peine de te voir comme la reine de Tragédie
Et moi, triste rebut de la nature entière,
Je me cachais au jour, je fuyais la lumière;
Rédigé par: Zopiros59 | 04/04/2007 at 20:03
"deux fois, trois fois, je sais pas si j'aurais la force". Mais si Pierre-Yves, tu auras la force. Nous n'avons pas le choix, nous devons continuer de vivre malgré tout.
Rédigé par: Patrick | 05/04/2007 at 20:34