Cinéma d'après-midi. Assis en bout de rangée. Un homme arrive à côté de moi, regarde la salle, hésite, puis finalement me pousse pour passer dans ma rangée. Je résiste. Il me regarde et me dit "vous voulez pas me laisser passer?". "Si, réponds-je, il suffit de le demander, on n'arrive pas comme ça en poussant les gens sans rien dire." il a eu l'air surpris. Parfois je me demande si ce n'est pas moi qui ne suis pas adapté au monde actuel...
Le film c'était La route. Un monde apocalyptique où un homme et son fils marchent, marchent, marchent. A aucun moment je n'ai compris l'intérêt de ce film. A aucun moment je n'ai trouvé les scènes crédibles. Et pour des gens affamés qui ne mangeaient rien ou presque j'ai trouvé qu'ils étaient en excellente santé le père et le fiston. J'ai eu plus de mal en voyant des enfants dans certains villages africains ou même dans certaines rues de Paris qu'en voyant ce film. Ils marchent, marchent, marchent, sans qu'on sache pour quoi, ils vont vers le sud. A un moment je me suis demandé combien de temps encore je pouvais supporter d'être un spectateur voyeur de ce monde gris triste et sale mais caricatural, j'ai pris mon manteau, mon écharpe, mon bonnet et mes gants, et j'ai taillé la route.
(et ne prenez pas la peine de me raconter comment se termine le film, c'était tellement nul que je n'ai même pas envie de le savoir)

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