A un moment il y a un effet d'entraînement, les dernières résistances sautent et on commet l'irréparable. Ainsi vendredi à Paris une jeune fille de 32 ans s'est défenestrée. Et encore aujourd'hui, une femme s'est goinfrée de barbituriques dans une agence de Metz. C'est une spirale indécente.
Et vécu de l'intérieur ce n'est pas vraiment agréable, même s'il y a une sorte d'espoir en voyant que le malaise est exprimé dans les media, à défaut d'être discuté dans la société. Parce que pour l'instant la voix interne est muette. C'est encore plus irritant, on a l'impression d'un rouleau compresseur que rien ne peut arrêter.
Parfois il m'arrive de me dire qu'un jour ce sera mon tour, que cette société où je travaille depuis une dizaine d'années maintenant finira par avoir ma peau. Elle a déjà failli l'avoir il n'y a pas si longtemps de ça.
Mais un jour une voyante m'avait dit que je vivrais vieux, que mes tentatives de suicide seraient toutes vouées à l'échec. C'est dommage. Parce qu'il y a vraiment des jours où je n'ai plus envie de retourner jamais au boulot. Des jours où je me demande à quoi sert cette vie. Si je n'avais pas des collègues de travail extra-ordinaires, je ne serais probablement plus.

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