Les voix se sont tues, les jeux se sont arrêtés, les regards se sont braqués sur moi quand j'ai descendu l'escalier en colimaçon et traversé la cour intérieure dans mon costume noir. Ca fait si longtemps que ça que je ne suis pas allé à un concert de musique classique? Mes voisins apparemment n'ont pas l'habitude de me voir en costume.
Le concert de ce soir était un récital de Patricia Petibon au Théâtre des Champs-Elysées. Qu'en dire? C'était bien. Dire le contraire serait malhonnête. Mais dire que j'ai été ému serait également faux. En fait la révélation de la soirée pour moi aura été la flûtiste/hautboiste Héloïse Gaillard dont le jeu m'a tout simplement époustouflé.
Quant à Patricia Petibon, elle était juste trop bien, trop mécanique, trop propre. J'aurais aimé des airs pris sur des tempi un peu plus rapides, des notes un peu moins jolies, des fureurs un peu plus furieuses. Quand elle chante l'air "ah! mio cor!" d'une Alcina au couer brisé, je ne suis pas ému, j'entends juste quelque chose de joli mais qui ne m'émeut pas. Pour la première fois j'ai entendu l'air "lascia ch'io pianga" du Rinaldo de Handel sans avoir la larme à l'oeil; je ne pensais pas que ce fut possible.
Mais c'était un très beau concert, et vu les applaudissements nourris, certaines personnes ont beaucoup aimé.
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