03/06/2009

Patricia trop Petibon?

Les voix se sont tues, les jeux se sont arrêtés, les regards se sont braqués sur moi quand j'ai descendu l'escalier en colimaçon et traversé la cour intérieure dans mon costume noir. Ca fait si longtemps que ça que je ne suis pas allé à un concert de musique classique? Mes voisins apparemment n'ont pas l'habitude de me voir en costume.

Le concert de ce soir était un récital de Patricia Petibon au Théâtre des Champs-Elysées. Qu'en dire? C'était bien. Dire le contraire serait malhonnête. Mais dire que j'ai été ému serait également faux. En fait la révélation de la soirée pour moi aura été la flûtiste/hautboiste Héloïse Gaillard dont le jeu m'a tout simplement époustouflé.

Quant à Patricia Petibon, elle était juste trop bien, trop mécanique, trop propre. J'aurais aimé des airs pris sur des tempi un peu plus rapides, des notes un peu moins jolies, des fureurs un peu plus furieuses. Quand elle chante l'air "ah! mio cor!" d'une Alcina au couer brisé, je ne suis pas ému, j'entends juste quelque chose de joli mais qui ne m'émeut pas. Pour la première fois j'ai entendu l'air "lascia ch'io pianga" du Rinaldo de Handel sans avoir la larme à l'oeil; je ne pensais pas que ce fut possible.

Mais c'était un très beau concert, et vu les applaudissements nourris, certaines personnes ont beaucoup aimé.

18/04/2009

Après-midi pluvieux

Aujourd'hui le temps frais et pluvieux m'a donné l'envie de rester à la maison, et j'ai enfin pris le temps d'écouter l'opéra Faramondo de Handel qui attend que j'en déchire l'emballage sur mon bureau depuis une bonne dizaine de jours.

Je ne suis plus vraiment l'actualité musicale classique que de façon lointaine (il est loin le temps où pas une semaine ne passait sans que j'aille au concert!), mais une émission à la radio m'avait capté l'oreille. Il s'agissait d'un entretien de Max Emanuel Cencic par Gaëtan Naulleau dans sa remarquable émission Les enfants du baroque sur France Musique. Max Emanuel Cencic fait partie des voix que je surveille du coin de l'oreille, et dès le lendemain j'avais couru chez Virgin acheter cet opéra où il tient le rôle titre. Sauf que depuis je n'avais pas vraiment trouver le temps de l'écouter (mine de rien il faut prévoir trois heures).

Cet après-midi, entre un Pet Shop Boys et des Lieders de Schubert, j'ai pris le temps de le savourer. C'est un régal. C'est bien finalement les après-midis pluvieux de temps en temps!

24/03/2009

Fan Club

J'ai complètement oublié de vous en parler, mais il se passait hier un événement considérable, c'était la date de sortie du nouvel album des Pet Shop Boys, intitulé tout simplement Yes, Pet Shop Boys. Je ne l'ai pas acheté hier, mais aujourd'hui, et, croyez moi ou pas, depuis je l'écoute en boucle. C'est tout simplement superbe, du Pet Shop Boys comme je les aime, un album qui restera longtemps dans mon espace sonore. D'ailleurs j'y retourne...

(dans un autre genre, Miss Kittin and the Hacker nous sortent enfin un deuxième album. Il s'appelle comment? Le premier s'appelait First Album, celui-ci s'appelle Two. Pourquoi faire compliqué?)

28/09/2008

Espoir perdu?

"I am Human and I need to be loved/ Just like everybody else does/ There's a club, if you'd like to go/ You could meet somebody who really loves you/ So you go, and you stand on your own/ And you leave on your own/ And you go home, and you cry/ And you want to die/ When you say it's gonna happen now/ Well, when exactly do you mean?/ See I've already waited too long/ And all my hope is gone"

Texte de Morrissey, du groupe The Smiths. La chanson s'appelle How soon is now? et c'est la lecture du livre New Wave d'Ariel Kenig (je vous parlerai du bouquin un autre jour) qui m'a donné envie de réécouter cette musique que j'écoutais dans les années 1980, mes années lycée.

Apparemment j'étais déjà nostalgique à l'époque, mais je pourrais reprendre les paroles à mon compte aujourd'hui. Oui, c'est pour quand l'Amour (avec un grand A)? Parce que je vieillis, que j'ai beaucoup attendu, et que je ne vois rien poindre à l'horizon.

07/09/2008

Mylène

Toutes les fois c'est pareil. Quand elle sort un album tout le microcosme gay bruisse de commentaires.

Les plus perspicaces d'entre vous auront peut-être remarqué que sa photo est apparue depuis quelques jours dans la colonne de gauche des musiques du moment. Oui, j'ai fait comme tous les pédés, j'ai été acheté mon album de Mylène. Qu'en dire? J'aime!

Je l'ai bien écouté une dizaine de fois, et j'aime beaucoup. Bon d'accord la couverture de l'album est horrible, c'est vrai les textes sont très lugubres, mais bon, vous écoutez les paroles vous quand vous écoutez de la musique anglaise?

Moi quand j'entends Dégénération je ne peux pas rester assis sur ma chaise sans avoir envie de danser. Idem pour Sextonik ou C'est dans l'air...

(remarque: il y a aussi des hétéros paraît-il qui écoutent Mylène)

23/08/2008

Fluctuations musicales

Les temps changent, les goûts évoluent. Il y a un peu plus d'un an j'écrivais que si je ne devais emporter qu'un seul CD pour aller m'enfermer sur une île déserte ce serait probablement un oratorio de Handel. Depuis quelques mois je constate que je n'écoute pratiquement plus de musique baroque.

Déjà début 2008 quand je faisais mon récapitulatif de 2007 j'écrivais que les trois compositeurs qui avaient marqué cette année étaient Benjamin Britten, Dimitri Chostakovitch, et Alessandro Scarlatti. Je ne sais pas ce qui restera de 2008, mais j'ai l'impression que je n'écoute pratiquement plus de musique vocale, que je re-découvre la musique simplement instrumentale. Je me prends à ré-écouter des CDs qui traînent dans ma CD-thèque depuis des années sans être écoutés, comme cette intégrale des symphonies de Beethoven par Herbert von Karajan.

D'ailleurs aujourd'hui je suis passé chez Virgin dans l'optique d'acheter la 5ème symphonie de Beethoven dans la version de Carlos Kleiber, qui est paraît-il une version de référence (je voulais aussi acheter les derniers albums de Cindy Lauper et Mylène Farmer, mais ça n'a rien à voir), parce que je viens de re-découvrir cette symphonie de Beethoven que j'avais complètement perdue dans un coin de ma mémoire.

Finalement je n'ai pas acheté la symphonie de Beethoven (ni Cindy Lauper ni Mylène Farmer). Je suis tombé sur le coffret de l'intégrale des symphonies de Chostakovitch enregistrées sous la direction de Mariss Jansons, et ce fut mon achat du jour. J'ai déjà la 4ème de Chostakovitch par Mariss Jansons, et chaque fois que je l'écoute c'est un plaisir renouvelé. J'ai hâte d'écouter les quatorze autres symphonies!

En fait je vais m'y mettre tout de suite, pour me remettre de la claque de ce soir où j'ai rencontré un garçon charmant qui n'a pas eu l'air très réceptif à mon charme (ce sont hèlas aussi des choses qui arrivent).

Et pour en revenir à ma question initiale, si je devais partir aujourd'hui pour une semaine de trekking dans une forêt vierge, ce serait probablement du Chostakovitch que je mettrais dans mon i-pod.

14/06/2008

Illumination

Je suis en train d'écouter une retransmission d'un opéra de Handel enregistré il y a quelques mois au Théâtre des Champs-Elysées, et je viens de me rendre compte à quel point c'était une performance pour les chanteurs de tenir leur rôle du début à la fin, c'est-à dire pendant environ trois heures, sans faillir, sans fausse note.

Contrairement au disque où les chanteurs peuvent faire autant de prises qu'ils le veulent, il n'y a qu'une seule prise pendant une production en live. S'il y a une erreur, elle ne sera pas rattrapable.

Est-ce que, vous qui me lisez, vous êtes capable de mémoriser un texte d'une page et de le redire mot pour mot, intonation pour intonation, sans jamais faillir, flancher, hésiter? Pour un chanteur l'hésitation n'est pas permise, chaque note en appelle une autre, chaque note a une hauteur définie, une longueur définie, une couleur, elle fait partie d'un tout, d'un équilibre magique.

Je crois qu'il va falloir que j'apprenne à être plus humble dans mes critiques de concert, ces gens sont finalement encore plus extra-ordinaires que je ne le pensais.

03/06/2008

Andreas Scholl au TCE

Ce soir j'étais au Théâtre des Champs-Elysées pour un récital d'Andreas Scholl. Vous ai-je déjà parlé d'Andreas Scholl? Je ne sais plus.

Andreas Scholl est LE contre-ténor, celui par qui j'ai découvert et apprécié cette voix, celui qui m'a fait perler des larmes aux yeux en l'écoutant dans des cantates de Bach, des airs religieux de Vivaldi, des airs folkloriques de la période élizabetaine anglaise, j'en passe et des meilleures. Sa discographie est prolifique, et je crois bien en avoir une grande partie (si ce n'est sa totalité). Autant dire que c'est une voix que j'ai souvent eu dans l'oreille et que ça fait quelques années qu'il m'accompagne dans ma vie musicale.

Aussi quand j'ai vu qu'il passait à Paris au Théâtre des Champs-Elysées en récital je n'ai pas hésité à prendre une place. Je ne l'avais jamais vu sur scène.

Ce fut une soirée très agréable, cet homme a vraiment une voix superbe. Et encore une fois j'ai eu des larmes aux yeux quand il a chanté le Cum dederit du Nisi Dominus de Vivaldi et quand il a chanté le Erbarme dich de La Passion selon Saint-Matthieu de Bach. De très beaux moments, un très bon concert.

Et en prime ce concert était présenté par un autre contre-ténor de renommée qui représente un peu la génération des pionniers, James Bowman, qui nous a fait la surprise en bis de chanter en duo avec Andreas Scholl un Sound the trumpet (Purcell) très émouvant, comme un passage de relais entre deux générations, un moment vraiment très émouvant.

Le seul regret de la soirée? C'est tellement beau qu'on voudrait que ça dure des heures et que ça paraît bien trop court.

(j'allais oublier: l'orchestre était celui de The Age of Enlightenment dirigé du violon par Alison Bury

30/04/2008

Nuit noire

Concert à la Cité de la Musique encore ce soir, toujours sur le thème des messes noires. Un concert en quatre partie avec l'orchestre des Lauréats du Conservatoire de Paris sous la direction de Peter Csaba.

La première chose que je me suis dite en voyant le chef d'orchestre, c'est qu'il fallait impérativement qu'il fasse un régime s'il ne voulait pas avoir une mort prématurée. S'il avait été une femme on aurait pensé en le voyant qu'il était enceint et qu'il attendait au moins des triplés. Mais c'était un homme... (d'ailleurs à un moment l'estrade sur laquelle il dirigeait a ployé sous son poids et j'ai craint un instant que la planche ne se casse en deux; vous imaginez la scène?)

Le concert débutait par la fameuse Nuit sur le mont Chauve de Modeste Moussorgski. Très rapidement j'ai trouvé qu'il y avait quelque chose qui clochait, j'avais l'impression qu'il y avait des variantes, que ce n'était pas l'oeuvre que je connaissais. J'ai compris en regardant le livret, nous avions droit ce soir à la version originale, datée de 1867. Je me demande bien pourquoi, parce que même le compositeur l'avait retravaillée par la suite. Quant à la version que nous connaissons tous, c'est celle qui a été ré-orchestrée par Rimski-Korsakov. Je n'ai pas été emballé. Qu'on se le dise, la musique que je veux pour ma crémation c'est celle de la version de Rimski-Korsakov, et pas la version originale.

Ensuite, toujours de Modeste Moussorgski (mais dans une orchestration de Chostakovitch, la version originale était juste pour chant et piano seul) il y avait les Chants et danses de la mort, quatre chants interprétés par la mezzo-soprano Clémentine Margaine. J'ai adoré! je ne connaissais pas, mais il faut absolument que je me renseigne pour voir si cette oeuvre a été enregistrée et est disponible en CD. Et la chanteuse était excellente, très expressive, on pouvait même suivre l'évolution du récit alors que les poèmes étaient en russe. Un régal, le moment fort de la soirée en ce qui me concerne.

Puis il y a eu la Danse macabre de Franz Liszt, un poème symphonique pour piano et orchestre, interprété par Jean-François Heisser au piano. Je n'ai pas aimé. Le jeu du pianiste était sec et mécanique, sans aucune affection. J'avais l'impression de voir un automate qui rejouait le même air déjà joué cent et une fois. Ca manquait totalement d'incarnation, c'était froid. J'avais l'impression que le pianiste n'était même pas là, qu'il jouait parce qu'il le fallait bien mais que ça l'ennuyait profondément, comme s'il était naturellement très doué et qu'il s'abaissait en jouant cette oeuvre pour nous. Je n'ai vraiment pas aimé.

Enfin, après l'entracte, nous avons eu droit à La Nuit transfigurée, un poème symphonique pour orchestre à cordes d'Arnold Schönberg. Au début on se dit que c'est joli, agréable, plaisant. Ensuite on se dit que c'est carrément beau. Plus tard on se dit que c'est beau mais un peu long. On trouve ensuite que c'est un peu monotone, que ça manque de variante. Puis on se surprend à étouffer un baillement, une furieuse envie de dormir. Enfin, quelques instants avant la fin, un petit thème guilleret vient réveiller notre attention, voir en réveiller certain, pour finir sur un pianissimo où on se demande si c'est vraiment fini, si on peu applaudir. D'ailleurs les premiers applaudissements seront timides et endormis, pas une très bonne idée que de finir un concert sur une oeuvre comme celle-ci...

29/04/2008

Messes noires

Concert ce soir à la Cité de la Musique sur le thème de la magie noire.

Je ne sais pas s'il y avait eu des maléfices de jetés, mais Stéphanie d'Oustrac et Cyril Auvity étaient remplacés par Anna Maria Panzarella et James Oxley. Les remplaçants étaient à la hauteur, mais j'aime bien Stéphanie d'Oustrac et Cyril Auvity, et j'aurais bien aimé les voir ce soir.

Un concert en trois partie, avec un extrait de l'Alcide de Marin Marais, un extrait du Didon et Enée d'Henry Purcell, et un extrait de La Fausse Magie de Gréty. De ces trois opéras je n'en connaissais qu'un, celui de Purcell. Et c'est la partie du concert que j'ai la moins appréciée.

Donc tout d'abord il y a eu un extrait de l'Alcide de Marin Marais, l'acte III. La reine Déjanire (interprétée par Magali Léger) demande à la magicienne Thestilis (interprétée par Anna-Maria Panzarella) d'exercer son art pour retrouver l'amour de son mari Alcide qui la délaisse. J'ai beaucoup aimé la participation et l'expressivité d'Anna-Maria Panzarella, et il y avait de beaux choeurs. Mais rien de très effrayant pour de la magie noire, c'était au final très gentil. Quant à Magali Léger, j'avais écrit la dernière fois que je l'avais vu qu'elle portait bien son nom, je n'ai pas changé d'avis en la voyant dans cette première partie.

Ensuite il y a eu un extrait du Didon et Enée d'Henry Purcell, avec la machination des sorcières pour parvenir à la mort de Didon. Je n'ai pas trouvé Stéphanie Révidat et Magali Léger convaincantes dans le rôle des sorcières, j'ai trouvé que le tout manquait de méchanceté, j'ai trouvé le tout un peu lent. Ca manquait d'allant, ça ne m'a pas enchanté.

Enfin il y a eu le dernier acte de La Fausse Magie d'André-Ernest-Modeste Grétry, une surprise agréable. Je ne connaissais ni le compositeur ni la comédie, et j'ai trouvé cette musique très agréable, très plaisante. Et pour une fois j'ai trouvé que Magali Léger était très bien dans son rôle (après tout, peut-être que c'est juste le répertoire baroque qui ne lui convient pas?). Et Anna-Maria Panzarella était encore une fois magnifique dans son interprétation.

L'orchestre était celui des Paladins de Jérôme Correas, le choeur était celui des Cris de Paris de Geoffroy Jourdain, et les solistes étaient Anna-Maria Panzarella (+++), Magali Léger (+), Stéphanie Révidat (-), James Oxley (++) et Alain Buet (++).

L'auteur

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