Concert à la Cité de la Musique encore ce soir, toujours sur le thème des messes noires. Un concert en quatre partie avec l'orchestre des Lauréats du Conservatoire de Paris sous la direction de Peter Csaba.
La première chose que je me suis dite en voyant le chef d'orchestre, c'est qu'il fallait impérativement qu'il fasse un régime s'il ne voulait pas avoir une mort prématurée. S'il avait été une femme on aurait pensé en le voyant qu'il était enceint et qu'il attendait au moins des triplés. Mais c'était un homme... (d'ailleurs à un moment l'estrade sur laquelle il dirigeait a ployé sous son poids et j'ai craint un instant que la planche ne se casse en deux; vous imaginez la scène?)
Le concert débutait par la fameuse Nuit sur le mont Chauve de Modeste Moussorgski. Très rapidement j'ai trouvé qu'il y avait quelque chose qui clochait, j'avais l'impression qu'il y avait des variantes, que ce n'était pas l'oeuvre que je connaissais. J'ai compris en regardant le livret, nous avions droit ce soir à la version originale, datée de 1867. Je me demande bien pourquoi, parce que même le compositeur l'avait retravaillée par la suite. Quant à la version que nous connaissons tous, c'est celle qui a été ré-orchestrée par Rimski-Korsakov. Je n'ai pas été emballé. Qu'on se le dise, la musique que je veux pour ma crémation c'est celle de la version de Rimski-Korsakov, et pas la version originale.
Ensuite, toujours de Modeste Moussorgski (mais dans une orchestration de Chostakovitch, la version originale était juste pour chant et piano seul) il y avait les Chants et danses de la mort, quatre chants interprétés par la mezzo-soprano Clémentine Margaine. J'ai adoré! je ne connaissais pas, mais il faut absolument que je me renseigne pour voir si cette oeuvre a été enregistrée et est disponible en CD. Et la chanteuse était excellente, très expressive, on pouvait même suivre l'évolution du récit alors que les poèmes étaient en russe. Un régal, le moment fort de la soirée en ce qui me concerne.
Puis il y a eu la Danse macabre de Franz Liszt, un poème symphonique pour piano et orchestre, interprété par Jean-François Heisser au piano. Je n'ai pas aimé. Le jeu du pianiste était sec et mécanique, sans aucune affection. J'avais l'impression de voir un automate qui rejouait le même air déjà joué cent et une fois. Ca manquait totalement d'incarnation, c'était froid. J'avais l'impression que le pianiste n'était même pas là, qu'il jouait parce qu'il le fallait bien mais que ça l'ennuyait profondément, comme s'il était naturellement très doué et qu'il s'abaissait en jouant cette oeuvre pour nous. Je n'ai vraiment pas aimé.
Enfin, après l'entracte, nous avons eu droit à La Nuit transfigurée, un poème symphonique pour orchestre à cordes d'Arnold Schönberg. Au début on se dit que c'est joli, agréable, plaisant. Ensuite on se dit que c'est carrément beau. Plus tard on se dit que c'est beau mais un peu long. On trouve ensuite que c'est un peu monotone, que ça manque de variante. Puis on se surprend à étouffer un baillement, une furieuse envie de dormir. Enfin, quelques instants avant la fin, un petit thème guilleret vient réveiller notre attention, voir en réveiller certain, pour finir sur un pianissimo où on se demande si c'est vraiment fini, si on peu applaudir. D'ailleurs les premiers applaudissements seront timides et endormis, pas une très bonne idée que de finir un concert sur une oeuvre comme celle-ci...
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