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12/10/2008

Devinette

Dimanche soir, je rentre d'un week-end prolongé dans un pays où au petit-déjeuner on peut manger des oeufs sur le plat avec des saucisses et du bacon et des haricots rouges à la sauce tomate. En se promenant dans la ville, on croise des boîtes à lettres rouges, des vendeurs de fish& ships, des restaurants indiens, des supermarchés qui vendent des chips au vinaigre ou à la worcester sauce et du chocolat cadbury. Hier j'ai fait mon jogging le long d'une série de baies agréables bien qu'un peu trop bétonnées à mon goût mais où la mer a des reflets superbes. C'est un pays sec, sans géraniums, avec des palmiers et des hibiscus géants. Il y fait chaud et beau, et je me suis baigné dans une eau à 22° ce matin. Les gens sont accueillants et souriants, ce qui est très agréable. Et je suis rentré avec plein de choses étranges dans mon sac de voyage, comme de la confiture de figues de barbarie ou du sirop de caroubes. Mais où étais-je?

06/10/2008

Cefalù (8)

Il y a un truc qui m'a beaucoup intrigué pendant ma semaine sicilienne. La femme italienne. Parce que tous les soirs j'étais à l'hôtel, et il m'est arrivé de regarder la télé.

En fait la femme italienne est avant tout un objet de décoration. Elle a les cheveux longs, c'est très important les cheveux longs pour séduire un homme. Elle a la bouche pulpeuse, si nécessaire refaite. Elle s'en sert pour faire des moues ingénues et afficher des airs idiots. Parce qu'officiellement la femme italienne ne pense pas, elle n'a pas de cerveau. Elle a les yeux outrageusement maquillés, parce que c'est bien connu, même la plus moche devient belle transformée en papillon multicolore. Et puis surtout elle a des seins, si possible très artificiels, mais de toute façon très visibles, elle montre un décolleté généralement très plongeant. En résumé la femme italienne est une poupée barbie. J'allais oublier, c'est encore mieux si elle a de longues jambes qu'elle n'hésite pas à montrer, perchée sur talons hauts.

Ce culte de la femme objet, moi qui suis profondément féministe et égalitaire, j'avoue que ça m'a profondément choqué. Comment les femmes peuvent-elles encore à notre époque en Europe occidentale supporter cette main mise de l'homme sur leur vie? bien sûr il y a des avantages à se faire ouvrir les portes, à se faire inviter au restaurant, ou à se faire complimenter par le premier imbécile venu, mais est-ce que c'est vraiment suffisant pour accepter de passer pour une cruche toute une vie?

(en même temps, peut-être que dans une autre vie j'aurais aimé juste être belle et me taire)

04/10/2008

Cefalù (7)

Mon hôtel à Cefalù n'était pas au centre du village, mais à l'autre bout de la baie. Pour aller en ville, je devais donc descendre l'escalier qui menait au niveau de la mer (voir photo) puis longer le boulevard qui borde toute la côte, la "promenade des anglais" en version locale.

Mon hôtel étant un peu excentré, j'empruntais ce boulevard quatre fois par jour (grosso modo un aller-retour le matin, un autre l'après-midi, je ne sortais jamais le soir).

Au début je ne me suis aperçu de rien. Il m'était bien arrivé de croiser une voiture garée avec des gens à l'intérieur, mais les gens ont bien le droit de vouloir bavarder dans un coin tranquille.

Puis j'ai eu des doutes, je me suis dit que ça ressemblait un peu à un coin de drague, genre "parking des anges" (vous vous souvenez de la chanson du superbe Marc Lavoine?), et j'avais l'impression que les gens me regardaient en passant.

Et un jour il y a eu une voiture qui s'est arrêtée à ma hauteur, avec un homme à l'intérieur qui se frottait l'entrejambe. J'ai fait comme si je n'avais rien vu, j'ai continué mon chemin. Mais la voiture a redémarré, a roulé au ralenti, et je l'ai recroisé dix mètres plus loin, vitre baissée avec le monsieur qui se frottait l'entrejambe.

Ensuite je n'ai plus réussi à ne plus voir. A chaque fois que je passais je voyais tous ces quinquagénaires qui se frottaient l'entrejambe à mon passage, je remarquais les voitures qui ralentissaient, les scooters qui s'attardaient, les regards appuyés. Je n'ai jamais répondu à aucune avance (en plus je ne suis vraiment pas gérontophile), mais je me suis senti sali. A chaque fois que je devais passer par là (et il n'y avait pas d'autres chemins pour descendre au village ou aller à la plage) je me sentais mal à l'aise.

A la fin, à force de passer au même endroit, j'avais même l'impression que les gens me prenaient pour une pute, un gigolo. Un jour où j'avais été surpris par une averse, je m'étais arrêté sous un abribus, et j'avais ouvert un bouquin en attendant que la pluie cesse. Les voitures passaient, et j'avais l'impression d'être jaugé comme une marchandise, comme si j'étais un prostitué qui attendait le client. J'ai détesté ça.

03/10/2008

Cefalù (6)

"You're cute and you've got a lovely bum, the only thing I would like to do with you would be to fuck you as I do fuck your beliefs."

Voilà ce que m'a inspiré la vue d'un jeune mormon, ces jeunes missionnaires qui parcourent le monde pour répandre leur foi, la semaine dernière en gare de Palerme alors que j'attendais mon train (en retard) pour rentrer à Cefalù après avoir passé la matinée à visiter la ville.

Oui, enculer un mec coincé dans sa religion, ça fait partie de mes fantasmes, de mes petites jouissances mentales perverses. Faire jouir un mec qui croit que les homos sont tous des damnés et des déviants, ne serait-ce pas extra-ordinaire? De façon plus générale, faire jouir un homophobe et lui faire aimer la bite, vous ne trouveriez pas ça jouissif?

02/10/2008

Cefalù (5)

En visitant le centre historique du village, mon regard a croisé par inadvertance le regard d'un jeune homme brun au téléphone assis sur sa moto. J'ai rougi. Il a vu, et s'est passé la main sur l'entrejambe. Bien sûr j'ai fait comme si je n'avais pas vu, c'est quelque chose que je sais très bien faire, et j'ai continué mon chemin. Mon lecteur habituel sait que je ne chasse jamais en terre étrangère. A quoi bon, ce n'est pas ainsi que je vais me trouver un mari.

Oui, il y a une constante dans ma vie sexuelle, même si elle peut paraître un peu débridée à certains. Je ne fais l'amour qu'avec des gens dont je suis susceptible de tomber amoureux, des gens que je suis susceptible de revoir. Donc je ne drague pas quand je ne suis pas à Paris, et j'évite dans la mesure du possible les hommes qui ne sont pas célibataires.

Ce petit épisode à Cefalù m'a rappelé un épisode napolitain, quand j'avais visité Naples il y a trois ans. Je marchais sur un boulevard de la ville, à cette heure où les napolitains commencent à rentrer chez eux pour le déjeuner et où le soleil est au zénith. A un moment je me fis dépasser par un homme qu'il me semblait avoir déjà vu devant moi précédemment. Puis je remarquais que ce jeune homme ralentissait, et me jetait des coups d'oeil de temps en temps. Au feu suivant, à l'arrêt pendant que les voitures passaient, il était à côté de moi. Mais il ne me regardait pas, regardait droit devant lui. Je pensais m'être fait un film, mais je remarquais en traversant la rue qu'il me regardait à nouveau. Encore un qui ne sait pas ce qu'il veut? Il y avait une petite placette un peu plus loin, et je m'y suis arrêté pour consulter mon plan de la ville, guettant de l'oeil sa réaction. Il est passé dans un sens. Puis dans l'autre. Il a hésité, à distance. Finalement il est parti.

Alors je me suis levé et j'ai été tranquillement visiter le musée d'histoire de Naples et ses superbes sculptures. En sortant du musée, une ou deux heures plus tard, je me suis assis sur une place à l'ombre d'un parasol pour déguster un granit au citron. Puis j'ai redescendu le boulevard, et, vous ne le croiriez pas, je revois le jeune homme de tout à l'heure, qui devait avoir fini sa pose déjeuner. A un moment nous marchons côte à côte, et je lui parle. Il me propose de monter sur sa moto et d'aller chez lui. Evidemment je réponds non. Mais le monsieur a l'air d'avoir vraiment très envie, tout en étant curieusement distant. Finalement à un croisement il me propose d'aller dans une boutique dont il remonte le volet roulant, de me faire passer pour un client, de choisir un truc et d'aller l'essayer dans une cabine où il pourait venir me sucer. Je me suis dit "qu'est-ce que c'est que ce cirque?", je suis rentré dans la boutique, j'ai regardé vaguement les vêtements, et je suis sorti sans rien essayer.

Ce n'est qu'après que j'ai réalisé que Naples n'est pas une ville spécialement réputée pour son côté "on aime les pédés", et que peut-être le jeune homme faisait semblant d'être hétérosexuel dans sa vie de tous les jours, et irait probablement jusqu'à se marier dans quelques années. D'où ce mélange d'envie et de distanciation que je trouvais insolite. Ca ne doit pas être évident d'être homosexuel dans un pays homophobe, et ce jeune homme sur sa moto m'a fait pensé à ça ce matin dans les vieilles rues de Cefalù. La Sicile non plus n'a pas la réputation d'aimer particulièrement les homos (et je suis fermement décidé à ignorer tout ce qui pourait passer pour des avances, je veux rentrer chez moi entier et pas dans un cercueil).

01/10/2008

Cefalù (4)

"Buona sera signor, su la mia prenotazione è scritto ché bevo vino rosso. Ma io non bevo vino e vorrei sappere si é possibile di cambiare la botteglia di vino con una botteglia di acqua frizzante o spumante" (désolé pour les fautes s'il y en a, je n'ai pas fait d'italien à l'école, je suis un autodidacte)

Mais revenons au départ. Je suis en demi-pension, j'arrive à table le premier soir, et je découvre que j'ai droit à une bouteille de vin rouge. Je n'en bois pas, je dis donc au serveur qu'il peut me l'enlever, puis je vais au buffet des entrées et découvre que le buffet se résume à une soupe ou une salade de fèves-soja-carottes-poivrons. En fait mon menu de tous les soirs c'est le repas italien classique antipasto (en l'occurence soupe ou salade) + primo pianto (les pâtes du jour) + secondo pianto (viande ou poisson + garniture) + dolce (fruits ou glace), et je n'ai aucun choix. C'est la première fois que je pars en demi-pension dans ce genre d'hôtel, je découvre, je dois avouer que je ne trouve pas ça extra-ordinaire.

Ce soir, deuxième soir, j'arrive à ma table (oui, parce que j'ai la même table réservée jusqu'à la fin de mon séjour, avec le même serveur attitré) et je vois la bouteille de vin rouge qui m'attend. Je vais au buffet des entrées découvrir l'entrée du jour, je reviens et m'asseois avec la déception du jour, et me dit que c'est quand même du gâchis cette bouteille de vin. Alors je demande au serveur des bouteilles (parce que si on veut une bouteille de vin ou d'eau c'est en supplément et il faut aller voir le serveur des bouteilles) si je peux la changer contre une bouteille d'eau.

Il me dit qu'il ne peut pas répondre, qu'il faut voir avec le chef. Donc il m'indique le chef, je vais voir le chef, et je lui repose ma question, à savoir si je peux changer ma bouteille de vin pour une bouteille d'eau.

Il hésite, il me dit que ça ne se fait pas, que j'ai une réservation, bla bla bla, mais qu'exceptionnellement... (il m'aurait dit non je crois de toute façon que je me serais beaucoup énervé). J'insiste, je lui demande si c'est ok pour tous les soirs. Il me répond oui, l'air de sous-entendre qu'il me fait une immense faveur. J'ai dit merci le plus calmement possible (intérieurement j'étais un peu énervé!)et j'ai été finir mon repas avec la bouteille d'eau voulue.

Mais je me suis dit que c'était vraiment du grand n'importe quoi, et que si j'avais su je me serais simplement contenté de donner la bouteille de vin à la table d'à côté. (encore un petit truc qui fait que je ne retournerai jamais dans cet hôtel et que je ne leur ferai pas de pub)

30/09/2008

Cefalù (3)

Suite à une note précédente où j'avais découvert que c'était gâcher du papier que de s'essuyer les fesses après avoir déféqué et juste avant de prendre sa douche, un lecteur m'avait laissé en commentaire que les italiens n'utilisaient pas de papier mais se lavaient au bidet.

Du coup quand j'étais aux toilettes ici à l'hôtel, j'ai eu un gros moment de questionnement: le papier ou le bidet? Ne vais-je pas passer pour un malpropre en utilisant le papier?

Non vraiment, que de questions; elle est trop dure ma vie de touriste!

29/09/2008

Cefalù (2)

Arrivé à ma chambre d'hôtel, j'ouvre la porte, j'entre, je pose mon sac, je fais le tour des lieux. J'ouvre la porte de la salle de bains, j'appuie sur l'interrupteur, pas de lumière. Je vérifie que c'est bien un interrupteur, je ré-appuie, rien. J'essaie l'interrupteur du sas d'entrée, rien non plus. Le plafonnier de la chambre et les petites lampes chevet, rien. Je me dis c'est bizzare, il n'y a pas d'électricité. Du coup je sors de ma chambre et je dis à une femme de chambre dans le couloir que je n'ai pas d'électricité dans ma chambre.

Et là j'ai découvert un système que je ne connaissais pas. Il n'y a de l'électricité dans ma chambre que quand j'y suis. En fait en entrant dans la chambre, il y a un socle sur le mur dans lequel je dois glisser la carte magnétique qui me sert à ouvrir la porte pour que l'électricité fonctionne.

(franchement, il n'aurait pas pu me le dire çà l'abruti à la réception de l'hôtel?)

28/09/2008

Cefalù (1)

J'étais content de moi, mes premiers pas en italien étaient concluants. J'avais réussi en sortant de l'avion à récupérer mes bagages correctement, j'avais trouvé le bus qui allait à la gare centrale de Palerme, je m'étais assuré auprès du chauffeur que c'était le bon, à la gare j'avais demandé à un agent de la SNCF locale si le train qui partait pour Messine dans dix minutes s'arrêtait bien à Cefalù et où je pouvais acheter un billet (il n'y avait pas de guichet, les billets sont vendus par les marchands de tabac) et si j'avais le temps de le faire avant que le train ne parte, à Cefalù j'avais trouvé mon chemin sans problème pour arriver jusqu'à l'hôtel, et puis en arrivant à l'hôtel, il y a eu...

...un blanc.

J'ai commencé "buon giorno, ho fatto una prenat.." et là je me suis dit non ça ne commence pas comme ça. Je me suis repris "ho fatto una preno.." mais je ne suis pas allé plus loin, et j'ai sorti mon voucher de réservation. Ce n'est que trente secondes plus tard que le bon mot, prenotazione, m'est revenu en tête (foutue mémoire!). Du coup j'étais très vexé par ma piètre performance.

(on notera au passage que le monsieur derrière le comptoir, qui devait forcément imaginer ce que j'allais dire, n'a pas fait mine de m'aider, m'a juste regarder placidement sans un mot, avant de me donner le minimum d'informations requises. il a contribué à ma perception du sicilien comme l'être le plus mal-aimable jamais rencontré pendant mes voyages, j'ai rarement vu des gens aussi grossiers)

14/05/2008

Barcelone (15)

Bcn23_sagrada_familiaParce que je ne voulais pas passer pour un éternel râleur après avoir écrit combien j'avais été déçu par la Sagrada Familia, je vous ai fait une photo de ce que j'ai vu. Avouez, c'est quand même très moche, non?

11/05/2008

Barcelone (14)

La première chose que j'ai vue en sortant du métro à Barcelone, c'était la façade de la Casa Batllò (photo à venir sur mon blog photo). J'ai tout de suite su où j'étais. En fait c'est très pratique toutes ces fantaisies architecturales, ça permet aux touristes de se repérer sans avoir à chercher les noms des rues.

D'autant plus que les rues sont parfois très longues et que le simple nom de la rue ne suffit pas toujours pour savoir où aller. Par exemple la pension où j'ai dormi était sur la Gran via des los corts catalanes, une artère qui traverse toute la ville d'un bout à l'autre. Heureusement que j'avais regardé où j'étais avant...

C'était une pension gay. C'est la première fois que je voyage gay. En fait c'est la même chose qu'ailleurs, sauf qu'on ne croise pas au petit déjeuner de familles avec enfants qui vous braillent dans les oreilles. Les autres couples, quand il y en a, sont des couples masculins, et ça a un petit côté rassurant. De même qu'il y a un côté rassurant à voir qu'on n'est pas le seul con au monde à voyager seul, on se sent moins isolé, on se dit qu'on n'est pas le seul laideron sur terre à être encore célibataire. Ca rassure de voir qu'il y a d'autres éternels insatisfaits que soi.

Et en plus on vous donne des informations sur la ville que vous seriez bien en peine de trouver ailleurs (vous pensez qu'à l'hôtel du coin on pourait vous dire où se trouve la dernière boîte à la mode ou le bar du quartier où vous pouriez croiser d'autres semblables?).

La pension où j'étais était tenue par un couple de français, et avait une clientèle presque exclusivement française. C'était comme une oasis au milieu du désert. Après des heures à entendre des gens parler dans une langue incompréhensible et bruyante, enfin on pouvait échanger trois mots avec quelqu'un sans craindre de ne pas être compris ou de ne pas comprendre. Un réel soulagement.

C'est la première fois que je fais cette expérience de voyager dans un pays où je ne comprends rien de rien, où même les affiches sur les murs ou sur les bus me sont incompréhensibles. Je ne pensais pas que ça me gênerait autant. Et je suis content d'avoir pu trouver cette pension et gay et française. Je crois que j'aurais détesté mon séjour autrement (ce qui n'est pas le cas, je pense même que je reviendrai avant la fin de l'année).

09/05/2008

Barcelone (13)

Il pleuvait sur Barcelone ce vendredi. La piste était toute délavée et on avait l'impression que les avions roulaient sur un lac. Ca fait très "fin de vacances", un peu comme les premières pluies de septembre après les chaleurs de l'été.

J'ai eu de la chance, il a fait beau pendant tout mon séjour. Tellement beau que je me suis même allongé sur la plage un après-midi. Mais l'eau était encore froide, personne ne se baignait. Une prochaine fois?

A Paris il faisait beau quand l'avion s'est posé sur la piste. Beau et chaud. Apparemment le week-end sera agréable.

Barcelone (12)

Dans les aéroports on voit plein de gens se promener en tirant des petites valises toutes petites dans lesquelles on ne mettrait pas plus de trois paires de chaussures.

Comment font ces gens pour voyager si léger?

Moi j'ai toujours un gros sac de sport, même quand je ne pars que pour un week-end...

Barcelone (11)

Beaucoup de gens que je connais et qui ne se trouvent pas grands ne se trouveraient pas petits ici. L'espagnol moyen est court sur pattes. Il atteint difficilement 1m70. Il a aussi une tendance certaine à l'embonpoint, et il est rare que passé la quarantaine il ne soit pas bedonnant. En clair l'espagnol moyen ne me fait pas fantasmer.

Par contre il y a beaucoup de touristes à Barcelone, comme dans la plupart des grandes villes je suppose, et j'y ai vu de très beaux spécimens de hollandais. Des grands blonds à la peau dorée aussi appétissants que des bonhommes de pain d'épices à la cannelle.

Oui, j'avoue, je bave devant de beaux mollets couleur cannelle couverts de poils blonds. Et pourtant je n'ai jamais été en Hollande!? Il va peut-être falloir que j'y pense un jour... Mais ne risquè-je pas d'être atteint de priapisme sévère avec cette tentation omni-présente?

Pour en revenir à Barcelone, j'ai écrit hier que j'avais passé une soirée à boire des bières avec un étranger. De façon peu surprenante, vous l'auriez deviné ce n'était pas un espagnol. Mais ce n'était un hollandais non plus. Non, c'était un allemand. La vie est pleine de surprises...

08/05/2008

Barcelone (10)

Hier soir j'ai bu une bière, ce qui en soit n'est pas vraiment exceptionnel, ca doit bien m'arriver une fois toutes les deux semaines. J'en ai même bu une deuxième, ce qui est beaucoup plus rare, et une troisième. Mais j'ai une excuse, j'étais accompagné.

(rassurez vous, à deux heures du matin j'étais dans mon lit, seul)

Barcelone (9)

Encore autre chose que j'apprécie dans cette ville, les vélos. Ici aussi il y a un système d'emprunts de vélos du genre vélib à Paris, ca s'appelle "bicing". ca a l'air de bien marcher, et contrairement à Paris où beaucoup de vélos semblent volontairement dégradés, ici les vélos ont l'air en bon état. A croire que oui, les parisiens sont exceptionnellement cons. Il y a aussi beaucup de gens qui ont leur propre vélo, il y a de nombreuses pistes cyclables hors-route, il y a de nombreux parkings à vélos, et je n'ai pas remarqué que les gens enlevaient leur selle pour ne pas qu'on la leur fauche, encore un truc de connard de parisien. J'aime beaucoup.

Barcelone (8)

Une autre chose que j'apprécie beaucoup dans cette ville de Barcelone, c'est que c'est une ville concue pour les gens. Les trottoirs sont larges, il y a des parcs et des places un peu partout, avec à chaque fois des bancs pour s'asseoir. Et surtout il y a des arbres, de la verdure. C'est très agréable dans ce pays où le soleil semble omniprésent. Et les gens ne sont pas confinés chez eux, ils sortent, ils s'asseoient dans les parcs et sur les places. J'aime beaucoup cette dimension humaine.

Barcelone (7)

Il y a une chose dont je suis admiratif depuis que je suis ici, c'est la propreté des rues. Et pourtant pendant quatre jours j'ai eu le temps d'en arpenter des rues. Même dans les quartiers populaires où le touriste commun ne s'aventure pas, c'est propre. Pas de papier gras, pas de détritus, et surtout, pas de crotte de chien. Et pourtant des chiens j'en ai vu. Des petits, des gros, des moyens. Mais pas une seule crotte de chien en vue. Je vais finir par croire qu'il n'y a qu'à Paris que les gens ne sont pas capables d'être propre et qu'il est impossible de faire trois mètres sans croiser une merde qui traîne. Pourtant, on n'est pas plus con que les autres, non?

07/05/2008

Barcelone (6)

Hier soir j'ai eu envie de manger correctement, de ne pas me contenter d'un sandwich ou d'un autre truc à emporter. J'ai attendu qu'il soit plus de 21h (parce que les gens mangent tard ici) pour rentrer dans un restaurant italien. Je me suis dit qu'avec un peu de chance ils parleraient italien, parce que je n'y comprends rien à leur fichu catalan. La carte était en italien, sous-titrée en catalan, j'ai donc tenté ma chance. Le monsieur n'a rien compris, j'ai donc du passer au castillan (castillan=espagnol universel, catalan=espagnol parlé seulememt en Catalogne). Mais bon, vous pouvez essayer de parler italien dans un restaurant italien à Paris, il est probable que personne ne vous comprendra.

Les pâtes n'étaient pas bonnes, un peu dures, genre pâtes précuites et réchauffées au micro-ondes au dernier moment. Je n'ai pris ni dessert ni café, juste l'addition et adios. Par contre en passant dans la rue je me suis arrêté devant un marchant de glaces pour me remettre de mes émotions et là, ô horreur, tous les parfums étaient en catalan, et même pas sous-titrés en castillan. Un vrai jeu de devinette!

Que em pot atendre si us plau? Je crois que j'ai vraiment un problème linguistique avec cette ville. Du coup je n'ose plus parler, je montre du doigt...

Barcelone (5)

La Sagrada Familia. Dimanche après-midi, après ma première prise de contact avec la ville, ses ramblas, son quartier gothique, après une petite sieste sur une pelouse du parc de la Citadelle, j'étais fermement décidé à remonter la ville pour aller voir le chef-d'oeuvre en construction, la Sagrada Familia. Ce truc m'intrigue, je veux voir ce que c'est. On pourrait presque imaginer que je suis venu à Barcelone que pour ca. Après tout, c'est l'oeuvre ultime de Gaudi, une sorte de testament à l'humanité.

J'ai eu beau chercher pour trouver une rue qui m'aurait permis de découvrir le temple au fur et à mesure en la remontant, je n'ai pas trouvé, cette rue n'existe pas. Le temple est bâti sur un carré de terre sans perspective, et on le découvre seulement au dernier moment.

Première déception, c'est beaucoup plus petit que ce que je pensais. Je m'attendais à un truc immense de la taille d'un terrain de football, ca n'en fait pas la moitié. Et puis, ca n'est pas très haut non plus. Mais bon c'est normal, c'est en construction, et la tour finale qui montera au ciel ne viendra qu'à la fin. En fait n s'apercoit que ca n'est pas grand chose, comme si les travaux n'avancaient pas, comme si ca devait être éternellement en construction.

De l'extérieur ca ressemble à un méli mélo informe, une accumulation de tout et de rien. Ca m'a fait penser à ces châteaux de sable qu'on faisait sur la plage en lassant glisser des gouttes de sable mouillé entre nos mains. Ce temple m'a fait pensé à un château en gouttes de sable, ou à une sorte de termitière géante comme on en voit dans les savannes africaines.

J'ai fait le tour du temple, bof. Puis j'ai pris un billet pour voir l'intérieur. Déception ultime. il n`y a rien à voir à l'intérieur, juste des échaffaudages et des gens qui font la queue pour un ascenseur qui leur donnera une vue en hauteur. Je n'ai pas pris l'ascenseur, j'étais trop décu. je suis sorti et j'ai pris le chemin de l'hôtel en découvrant un autre quartier, l'eixample, un quartier branché qui est aussi censé être un quartier gay. Mais le dimanche à 19h ce quartier était désert et tout était fermé (à l'heure où j'écris ces lignes je peux vous dire que c'est différent le soir et en semaine).

06/05/2008

Barcelone (4)

Première découverte de la ville, les ramblas. Une première impression pas très positive.

En fait c'est un peu comme les Champs Elysées, mais en plus populaire. Il y a un côté Butte-Montmartre ou Beaubourg ou tous ces endroits à touristes. Il y a beaucoup de monde, et vous savez cher lecteur que je n'aime pas les foules, que je suis un chasseur solitaire (référence au livre que je viens de finir, The Heart is a Lonely Hunter de Carson McCullers).

Imaginez une grande allée centrale couverte de monde avec des boutiques de souvenirs à deux balles (mais les cartes postales sont quand même deux fois plus chères que dans les rues adjacentes), des marchands de fleurs, d'oiseaux, des vendeurs de sandwichs-pitas-pizzas-et autre malbouffe, des "artistes" qui vous dessinent votre portrait, des "statues humaines", des bonimenteurs, le tout entre deux rangées de platanes (je suis allergique au platane, mais heureusement j'avais amené avec moi mes anti-hstaminiques) qui vous cachent le soleil et la plupart des facades.

Voici mon premier ressenti sur les ramblas.

05/05/2008

Barcelone (3)

Parfois je suis trop confiant. J'ai tellement l'habitude des aéroports que je ne fais plus trop attention. Je suis la foule, je note au pasage le numéro de la salle où je devrais récupérer mon sac de voyage, et j'avance. Au contrôle de police, je montre mon passeport, et j'avance. Ensuite je vois indiquer la sortie et je commence à me poser des questions. Et mon sac de voyage, je le récupère où? Heureusememt il y a un guichet d'nformation où j'apprends que j'aurais dû prendre un escalier sur la droite avant le contrôle des passeports. Me voila bon pour faire demi-tour!

(je suis un peu tête en l'air parfois, mais ca n'était quand même pas très bien indiqué, parce que je n'étais pas le seul à m'être trompé. Et maintenant à moi Barcelone!)

Barcelone (2)

Le temps était clair, pas un nuage. De la fenêtre du hublot j'avais une vue dégagée sur les champs et les habitations. Le paysage a commencé à se vallonner, à se creuser. Puis il y a eu des montagnes aux sommets enneigés, c'était les Pyrénées. Ensuite le paysage est devenu moins abrupt, ca y est c'était l'Espagne, Barcelone n'était plus très loin. Nous avons longé la côte, au dessus de la méditerrannée, une longue plage. Puis il y a eu le port, j'ai reconnu la forme du parc de Montjuïc á côté, c'était Barcelone. Puis il y a eu cette tour en forme de cornichon, la Torre Agbar, aucun doute c'était Barcelone. j'espèrais des yeux voir aussi la Sagrada Familia, mais je n'ai rien vu. L'avion descendait, survolait une banlieue faite d'usines et d'entrepots, et nous avons atterri. La première fois que je mets les pieds en Espagne...

Barcelone (1)

Mon départ en vacances a failli ne pas être. Je ne sais pas pourquoi, mais j'étais persuadé que je partais d'Orly. Ce n'est que quand le chauffeur de taxi m'a demandé si c'était Orly Sud ou Ouest que j'ai regardé mon billet et vu que c'était Charles de Gaulle. Heureusement que j'avais décidé d'y aller en taxi! Vous imaginez si j'avais pris le metro + RER?

22/05/2007

Nantes, confession

St_clment_confessional_1 Je ne sais pas si on va encore à confesse de nos jours, mais dans l'église St Clément de Nantes il y avait toute une collection de confessionnels.

Remarquez, je n'ai cependant vu personne dedans...

21/05/2007

Nantes, la cathédrale St Pierre

St_pierre_cnotaphe_de_la_moricire_3 Une photo d'une statue au pied du tombeau, pardon du cénotaphe, du Général de La Moricière, dans la cathédrale St Pierre de Nantes. Aurais-je moi aussi un beau soldat pour veiller sur mon sommeil quand je ne serai plus?

St_pierre_le_parvis Il y a aussi dans cette cathédrale le superbe tombeau du duc François II de Bretagne (le père d'Anne, celui qui a commencé la construction du château de Nantes) et de sa femme. Curieusement on s'attendrait à trouver aussi celui de sa fille Anne de Bretagne, mais comme elle a été reine de France (et même deux fois!!) elle est enterrée à la Basilique de St Denis avec les autres rois de France. (cependant elle avait demandé que son coeur soit ramené en Bretagne, le reliquaire est visible au musée du château)

St_pierre_nef_centrale J'ai été surpris par les vitraux, qui sont d'une effroyable banalité pour une cathédrale aussi ancienne que celle-ci. Mais il y a une explication: dans les années 1970 un énorme incendie a tout brûlé, seules les pierres ont résisté.

20/05/2007

Nantes, le château

Chteau_entre_principale Aujourd'hui sur Paris il fait le même temps que celui que j'ai eu pendant tout mon séjour à Nantes; frais et pluvieux, il crachotait ce midi quand j'ai fait mon marché.

Alors je vous enmène avec moi à Nantes faire un petit tour du château des ducs de Bretagne. Ce château vient d'être rénové, et c'est plutôt une réussite.

Chteau_dune_tour_lautre J'ai le souvenir d'une grosse masse sombre et guère accueuillante. Le tout a été complètement nettoyé, et repensé, la pierre de tuffeau des logis intérieurs et des différents blasons a retrouvé sa blancheur d'origine, et les douves ont été aménagées en jardin aux pelouses entretenus où les enfants viennent nourrir les canards et où les étudiants paressent entre deux cours. Ce vieux monolithe du 15e (commencé par le duc de Bretagne François II et achevé par sa fille la fameuse duchesse Anne) a enfin trouvé sa place dans la ville.

Chteau_tour_sur_les_remparts Ce château, ce sont des remparts qui relient sept tours, ça fait très massif de l'extérieur. On y pénètre par un pont levis et on débouche dans une grande cour où on est frappé par le vide, comme si les remparts n'étaient qu'une enveloppe alors qu'on aurait pu s'attendre à une petite ville intérieure.

Chteau_la_cour_intrieure En fait il ne reste que le Grand Logis et sa tour qui date de François II. Le reste a subi les vicissitudes du temps, les incendies et les guerres. Il y a aussi un corps de bâtiment, appelé le Grand Gouvernement, qui fut reconstruit sous Louis XIV, une conciergerie qui date du début du 18e, un bunker construit par les allemands en 1943, et une immense cour vide!

10/10/2005

Vacances italiennes (24), mes adieux à l'île

Dernières impressions, dernier tour de l'île. Avant de partir, quand les vacances sont finies, j'aime bien faire un dernier tour, m'inprégner de mes dernières images, emmagasiner des souvenirs.

En descendant de cet hydroglisseur trop pressé j'étais bien décidé à prendre mon temps, à profiter pleinement de mes derniers moments sur l'île. Il faisait chaud, le soleil était d'un bleu sans nuage. Je me suis arrêté à la terrasse d'un snack sur le port, et j'ai savouré mon dernier repas en solitaire sur l'île en buvant une Ferrarelle bien fraîche, bien abrité sous mon parasol. J'ai pris mon temps, sachant que de toute façon les trois autres seraient partis à la plage, et qu'il faisait trop chaud pour aller visiter quoi que ce soit. Le début de l'après-midi ici c'est sacré, c'est fait pour faire la sieste. On ne croise personne dans les rues à deux ou trois heures (ou alors c'est un touriste!).

Le_querce_2_1 Ensuite je suis rentré et j'ai bouquiné sur la terrasse sous la pergola à l'abri de la vigne qui s'accrochent dans les citronniers. J'ai laissé passé ainsi les heures chaudes de la journée.

Puis je suis sorti, j'ai été me promener, m'inprégner une dernière fois des senteurs de l'île et de ses paysages. J'ai marché, j'ai fait mon petit tour, et je suis monté jusqu'à la pointe de l'île ou se trouve l'abbaye San Michele. La dernière fois que je suis venu, il y avait un office en cours, et je m'étais promis de revenir pour pouvoir contempler à loisir son superbe plafond à caissons couvert de dorures avec au centre une toile de Luca Giordano représentant l'archange Gabriel chassant Lucifer. Mais l'église était fermée. A croire qu'elle n'est ouverte que pendant les services. Donc je n'aurais pas vu la toile de Giordano, ni le superbe autel en marbres polychromes. Tant pis!

Procida_entre_le_port_et_la_marina_sanci_1 Alors je suis redescendu sur le port, j'ai fait du lèche-vitrine, j'ai acheté deux trois babioles dont je n'ai absolument pas l'utilité (juste des souvenirs de vacance), j'ai suçoté mon dernier granita di limone avec toute la gourmandise qu'il peut y avoir à savoir que c'est le dernier, et je suis rentré à la maison pour le retour des plagistes, en espérant qu'ils ne me feront pas le coup de vouloir manger à la maison pour avoir le temps de faire leurs valises ou sous le prétexte de finir les restes des courses précédentes.

Atmosphère de fin de vacances, on est presque déjà nostalgique ce soir sur le port au restaurant puis pendant la petite balade sur la jetée....

06/10/2005

Vacances italiennes (23), dernier retour sur l'île

L'hydroglisseur qui m'a ramené de Naples à mon île était en retard. Alors pour rattrapper le temps perdu il fonçait à toute allure. Déjà j'ai remarqué que toutes les ouvertures étaient fermées, même si je ne pense pas que ça joue vraiment sur la vitesse du bateau. Je pense surtout qu'ils avaient peur que quelqu'un ne sorte sur le pont et passe par dessus bord. Tout était fermé, et il faisait une chaleur étouffante. Les gens dégoulinaient de sueur, quand ils ne somnolaient pas à moitié.

Il y avait des vagues, des hauts et des bas. En fait non, il n'y avait pas vraiment de vagues, mais l'hydroglisseur, poussé à sa vitesse maximale, s'élevait au-dessus de l'eau de l'avant (un peu comme un hors-bord) avant de retomber lourdement, donnant le même effet qu'une mer démontée. Les gens se regardaient à chaque fois que le bateau retombait, comme s'ils avaient peur qu'il ne s'enfonce dans la mer. On sentait que leur estomac remuait, qu'ils n'étaient pas bien. Il y a eu des "mamma mia" et des "santa madonna".

Et puis, l'équipage a du se rendre compte que tous les passagers étaient au bord du vomissement, et ils ont ouvert les portes avant, laissant entrer dans la salle un souffle d'air salvateur qui fut accueilli par des soupirs de plaisir et de soulagement. Il y a bien eu un jeune homme qui est sorti sur le pont externe malgré les cordes tendues devant les portes par mesure préventive, mais un membre de l'équipage l'a fait rentrer vite fait et s'est posté en cerbère devant les portes.

Finalement le bateau a ralenti, et nous sommes entrés dans le port de Procida. Autant vous l'avouez, j'étais bien content d'être arrivé, parce que je commencais à ne pas me sentir très bien...

05/10/2005

Vacances italiennes (22), Santons & automates

Il y a une spécialité à Naples, ce sont les santons et les crèches. En me promenant dans les ruelles de la vieille ville, je suis tombé sur des boutiques artisanales pleines de petits personnages de crèche. Et surtout j'ai vu des crèches étonnantes.

Non pas des petites crèches comme celles que l'on met chez nous au pied du sapin de Noël, non pas la petite étable avec sa botte de paille sur laquelle gît un enfant nouveau-né entre un boeuf et un âne, non.

Mais une immense maquette représentant tout un village, une maquette animée, avec de l'eau qui coule, un ruisseau, parfois même une cascade, la roue d'un moulin qui tourne, peut-être même un pécheur, quand ce n'est pas une femme qui lave son linge. Les personnages sont animés, ce sont de petits automates, ils bougent les bras, tournent la tête, se déplacent sur des petits rails invisibles. Et dans ces paysages rupestres, derrière les fenêtres des maisons de bois, on aperçoit d'autres personnages, au coin du feu, ou attablés, lisant le journal, vivant leur petite vie quotidienne.

Là bas les crèches ne sont pas des petites décorations qu'on met pour les enfants au pied du sapin, mais de véritables oeuvres d'art dans lesquelles les grandes personnes s'investissent avec leur foi. Des jouets pour adultes.

Je n'ai pas ramené de santon. Je ne vois pas ce que j'aurais fait d'une Marie ou d'un Joseph, moi qui ne fait jamais de crèche chez moi. Mais j'ai ramené un piment, un piment en céramique que j'ai accroché dans mon entrée à côté de l'interphone, un piment porte-bonheur que je touche en sortant de chez moi. Ils vendaient plein de piments comme ça, c'est un porte-bonheur chez eux. On ramène tellement de babioles inutiles quand on rentre de vacances...

04/10/2005

Vacances italiennes (21), visites d'églises à Naples

P8100074 Que faire de ce dernier jour en Italie? Pour les trois autres la question ne se posait même pas, ils ont été à la plage... Moi j'étais resté un peu sur ma faim mercredi dernier à Naples devant toutes ces églises aux portes closes, donc j'ai décidé de prendre le bateau du matin pour aller faire les églises.

P8130119 J'ai commencé par le Duomo qui m'avait étonné lors de ma visite précédente par son portail gothique (photo 1) si surprenant dans ce monde dévolu au baroque. Mais la cathédrale n'avait absolument rien de gothique une fois les portes franchies. L'intérieur était somptueux, tellement somptueux que j'ai épuisé les piles de mon flash à force de mitrailler tout comme un touriste japonais (voir album photo). On se sent ridiculement petit quand on entre dans cet immense nef rectangulaire (photo 2). Le superbe plafond en bois (photo 3) avec ses dorures rutilantes et ses immenses peintures semble être à des hauteurs inatteignables, et la lumière dorée qui filtre par les ouvertures derrière l'autel (photo 2 encore), le jour qui tombe de la coupole qui le surplombe, tout ceci vous ferait presque sentir un souffle divin. Quel dommage que je ne sois pas croyant!

P8130120 L'édifice est en forme de croix latine, ce qui veut dire qu'en plus de cette superbe nef aux murs décorés de fresques de Luca Giordano, il y avait aussi sur les côtés des chapelles plus petites, chacune avec une atmosphère particulière (photo 4 & 5), et au sous-sol la crypte de Saint-Janvier (photo 6 & 7), couverte de marbre blanc du mur au plafond. Le plafond à caissons en marbre de cette crypte m'a époustouflé par sa froide beauté, et pourtant il ressort de cette pièce très ouvragée une atmosphère de quiétude et de repos étonnante, malgré l'opulence du décor on pourrait se croire dans une cellule moniale (monacale?).

P8130146 Inutile que je vous parle de Saint-Janvier, vous savez déjà que c'est le saint patron de la ville de Naples et vous avez déjà entendu parlé du miracle de la liquéfaction de son sang, miracle qui est censé être de bon augure pour la ville de Naples. L'événement se produit trois fois l'an, le 19 septembre, jour de la Saint Janvier (sic), le premier samedi de mai, et le 16 décembre, anniversaire de l'éruption du Vésuve de 1631 qui épargna la ville de Naples. Et même si on sait qu'il n'y a rien de miraculeux dans cette liquéfaction et que c'est juste une réaction chimique, je serais curieux d'assister à ce miracle un jour, pour voir ce que je pourrais ressentir, pour voir comment les gens réagissent.

P8130125 Après la relative fraicheur et la fragile clarté spirituelle de la cathédrale, j'ai reçu les rayons âpres du soleil comme une agression en sortant de ce temple voluptueux. Vite, mes lunettes de soleil!

P8130140 L'église de san Lorenzo m'a paru bien austère après tous ces ors rutilants. Une nef austère au plafond de bois sombre et au décor gothique dépouillé. Je ne suis pas entré, car il y avait une messe d'enterrement en cours, j'ai juste jeté un oeil de l'extérieur avant de me diriger vers mon étape suivante.

P8130132 L'église del Gesù Nuovo. De l'extérieur c'est un bâtiment de pierre grise qui fait un peu sale et ne donne pas vraiment envie d'entrer. Mais il faut oser pousser la porte et rentrer, le spectacle est garanti. Malheureusement pour moi, ici aussi il y avait un office en cours, et je n'ai pas pu me promener à ma guise dans cette église de forme assez compacte (une croix grecque à trois nefs). Tant pis pour les marbres polychromes et les superbes peintures (Francesco Solimena, Luca Giordano, Ribera), ce sera pour ma prochaine visite à Naples...

01/10/2005

Vacances italiennes (20), Ischia

Ischia_ponte Deuxième excursion en groupe, l'île d'Ischia. Comme vous avez pu le lire dans mes notes précédentes, pour moi la rupture avec les trois autres était consommée, et on pouvait se demander pourquoi j'acceptais de partir passer une journée entière avec eux. En fait ça n'était pas aussi franc que ça. Certes je faisais ce que je voulais de mon côté, mais apparemment ils ne s'étaient pas rendu compte que je m'amusais mieux sans eux. Ils ne s'étaient absolument pas rendu compte du mal que j'avais à les supporter parfois. Moi je m'efforçais à me calmer, parce que de toutes façons nous étions plus ou moins condamnés à nous supporter jusqu'à la fin de la semaine, et que je n'étais pas venu en vacances pour me prendre la tête avec qui que ce soit.

Nous avons été à Ischia pour la journée. Hier dans son guide S avait noté un tour de l'île en car, avec des haltes aux points intéressants à visiter. Pourquoi pas? J'étais décidé à être conciliant...

Ischia_castello_aragonese Quand nous avons débarqué au port d'Ischia (Ischia Porto) il y avait bien une ligne de bus qui faisait le tour de l'île, mais ce n'était pas un bus pour les touristes qui vous attend à chaque arrêt et vous montre les beautés du coin avant de repartir. Non, c'était juste les lignes de bus normales de la ville. Parce que l'île possède en son centre une montagne assez haute (le Mont Epomeo, qui culmine à 787m), c'est un îlot volcanique, et il n'y a pas de lignes qui traversent l'île de part en part, les pentes sont trop abruptes. Alors pour aller d'un point à l'autre on prend la ligne de bus qui fait le tour, ou le bateau.

Ischia_castello_aragonese_2_1 Nous avons donc commencé notre tour de l'île, nous avons été à Ischia Ponte (photo1), la bourgade voisine, où se situe sur un îlot rocher rattaché à l'île par un pont (d'où le nom d'Ischia Ponte) le point d'intérêt historique principal de l'île. En effet, en ces temps lointains où les gens se battaient régulièrement pour acquérir de nouveaux territoires, il était plus sûr de bâtir son château forteresse sur un promontoire rocheux...

En descendant du bus nous avons parcouru une longue rue piétonne bordée de boutiques chics (on se serait cru dans un Capri en miniature!) qui nous a mené à la côte. En face de nous le majestueux rocher sur lequel est bâti le Castello Aragonese (photo 2 & 3), ainsi nommé parce que c'est le roi Alphonse d'Aragon qui en a initié la construction au milieu du XVe siècle après avoir chassé les angevins de Naples. On était parti pour aller le visiter, mais ils ont trouvé que dix euros pour visiter tout le centre historique de l'île avec ses multiples témoignages des temps passés, eh bien ça faisait trop. Je me suis abstenu de tout commentaire, j'ai dit que ça m'était égal, et nous sommes repartis dans l'autre sens.

Ischia_marina_dei_maronti_1 Suite du programme? Ischia est une grande île qui est surtout réputée pour ses sources thermales et ses plages. Il était prévu qu'à un moment ou un autre on aille à la plage. C'est ce qu'on a fait, nous avons été à la plage dei Maronti! (photo 4) Il y avait le village de pécheurs de San Angelo juste à côté, sur la pointe à droite de la plage (dernière photo), un point touristique à visiter paraît-il, mais ils préféraient parfaire leur bronzage sur la plage.Heureusement pour moi qui déteste m'étaler au soleil, le ciel était voilé, le sommet du mont Epomeo était noyé dans la brume, et j'étais bien abrité sous mon parasol. Voilà comment j'ai passé une autre après-midi à la plage.

Ischia_punta_san_angelo Quand le soleil a commencé à amorcer sa descente vers son antre nocturne, nous avons repris un bus pour traverser l'île à travers de superbes paysages aux vues dégagées sur la mer, et nous avons traîné en attendant l'heure du départ de notre bateau en faisant du lèche-vitrine dans les boutiques d'Ischia Porto, qui proposaient des souvenirs en céramique tous plus hideux les uns que les autres (vous savez, ces petites babioles qu'on rapporte de vacances et dont on ne sait jamais quoi faire après, se demandant pourquoi diantre on les avait achetées).

Voilà comment j'ai visité l'île d'Ischia. A vingt heures on était à la maison pour l'apéritif...

30/09/2005

Vacances italiennes (19), restaurant chichiteux

Le restaurant était dans tous les guides et S qui pinaille toujours pour trois francs six sous voulait absolument l'essayer (pour pouvoir dire en rentrant qu'il y avait mangé?). C'était sur la marina Corricella, le fameux petit port typique où a été tourné le film Il Postino (on n'arrête pas de vous le répéter quand vous êtes un pauvre touriste..)

On voyait tout de suite que c'était chichiteux. Personnel compassé qui tire la tronche. Assiette carrée avec les aliments soigneusement déposés dessus en un tableau harmonieux, mais au final pas grand chose à manger.

Ils nous ont apportés le vin (choisi par S qui ce soir se la joue) mais ils ont oublié l'eau, il a fallu la re-demander.

Ensuite les entrées sont arrivées, mais il n'y en avait que trois au lieu de quatre. Ils avaient oublié la mienne. Il a fallu repassé commande et j'ai été servi quand tout le monde avait fini son entrée.

Ensuite il y a eu les pâtes. Pour trois personnes encore. Ils avaient oublié JQ. Et puis il a aussi fallu demander des couverts, parce qu'ils avaient été ôté avec les antipasti et n'avaient pas été remplacés...

Et puis ce personnel qui fait la gueule tout le temps, comme si on les dérangeait. Bien sûr la serveuse n'a pas eu de pourboire, et nous nous avions tellement faim en sortant de là qu'on a filé chez le glacier.

Mais une petite question tout de même, que faisait ce restaurant dans un guide comme le Petit Futé? C'était cher, chichiteux, on repart le ventre vide, et le peu qu'on a mangé était ma foi plutôt passable. C'est la première fois depuis que je suis en Italie que je suis déçu par ce que je mange...

29/09/2005

Vacances italiennes (18), au rythme de l'île

Quand j'ai débarqué à Procida de retour de Pouzzoles, c'était la pleine chaleur. J'ai pris à manger au snack sur le port et je me suis hâté vers la maison, en me disant que les trois autres ne seraient peut-être pas encore partis pour la plage (après tout je leur avais dit que je ne partais que le matin et que je serais de retour en début d'après-midi).

Quand je suis arrivé à la maison, il était treize heures, et ils étaient déjà partis. Et franchement il faisait trop chaud, je ne les ai pas rejoints, je suis resté à la maison. Je me suis mis à l'heure italienne, j'ai fait la sieste et bouquinné.

S'ils m'avaient attendu je serais sûrement allé avec eux, mais là ça ne me disait rien de les chercher tout le long de la plage et de supporter ensuite quatre heures de chaleur à ne rien faire. Je ne comprends pas les gens qui passent leur temps à la plage à se cuire au soleil. Moi j'en suis incapable ici, il fait vraiment trop chaud.

Je suis juste descendu me baigner à la pointe du phare, la plage de rochers juste à côté de la maison, vers dix-sept heures quand les ardeurs du soleil ont commencé à se faire moins accablantes.

27/09/2005

Vacances italiennes (17), Pouzzoles

Baie_de_naples_capo_misena Tout le monde dormait ce matin quand je me suis levé. La maison était encore silencieuse quand je suis parti. Je suis descendu sur le port pour prendre mon bateau. Il faisait gris, presque frais, et le cap de Misena était couvert de brume (photo 1). J'ai craint un instant qu'il ne se mette à pleuvoir (Deux heures après il faisait un soleil éblouissant!).

P8110084 En arrivant à Pouzzoles (photo 2, le port), je me suis arrêté sur une terrasse pour prendre mon petit-déjeuner, j'ai pris un croissant fourré au chocolat blanc passé au four (il paraît que la gourmandise est un péché? ça ne doit pas être un péché italien...) et l'habituel café serré.

P8110087 Pouzzoles a été une déception. L'amphithéâtre Flavio, qui est le troisième d'Italie par sa grandeur après celui du Colisée et celui de Capoue, était en travaux (photo 3, 4 & 5), on n'avait accès qu'au niveau souterrain d'un seul côté, tout le reste était inacessible, vietato, viatato. On ne pouvait même pas en faire le tour, on ne pouvait pas monter sur les gradins, visiter les allées supérieures. D'ailleurs j'ai trouvé hallucinant qu'il me faille payer pour ça.

P8110085 Ensuite j'ai voulu aller à la cathédrale San Procolo, où est enterré Pergolèse. J'ai tourné en rond autour du quartier en essayant de trouver une rue qui y ménerait, et il a bien fallu admettre que les rues qui se trouvaient sur mon plan n'existaient pas. En fait tout le quartier autour de l'église était barricadé et couvert d'échaffaudages. Un quartier entier vidé de ses habitants, interdit à la circulation et en travaux. J'ai trouvé ça hallucinant!

P8110089 Pour les italiens ce n'était pas hallucinant. Il y a une trentaine d'années tout un quartier de la ville s'est effondré, parce que la ville est construite au-dessus d'immenses espaces vides. Alors depuis on fait attention. En fait la région est très volcanique, et le sol de Pouzzoles est très instable. Bâti sur des soufrières, on n'y est jamais vraiment à l'abri d'un affaissement ou d'un soulèvement de terrain.

P8110103 J'étais quand même un peu furax d'être venu à Pouzzoles pour voir un amphithéâtre en travaux et tourner autour d'une église dont je n'ai pû qu'apercevoir le dôme (dernière photo). J'aurais peut-être du me limiter à chercher la maison où vécu Sofia Loren...

26/09/2005

Vacances italiennes (16), dîner en solo

Ils sont rentrés après vingt heures, les bras chargés de victuailles, ils avaient décidé de manger à la maison ce soir, sous prétexte qu'ils étaient fatigués d'avoir marché toute la journée et qu'ils avaient besoin de se reposer. Que quelqu'un m'explique en quoi c'est fatiguant de s'installer à une table de resto en plein air et de se faire servir. Mais ce n'est pas ça qui m'a le plus dérangé dans l'histoire. Ce qui m'a le plus agacé, c'est d'être mis devant le fait accompli, alors que j'avais très clairement dit que je ne souhaitais pas manger à la maison jamais. Après tout c'est moi qui dort dans la cuisine!

Il m'a dit qu'ils avaient pris des crevettes pour l'apéritif, avec le regard pétillant de gourmandise. Apparemment il ne se souvenait pas que pas plus tard que la veille je lui avais dit que je ne mangeais pas de crevettes, parce que c'est chiant à éplucher et qu'après on a les doigts qui puent (pardon, qui sentent la crevette!). Je le lui ai rappelé. Et puis, les crevettes quand ça cuit ça dégage une odeur assez forte, et l'idée de dormir dans une pièce qui sent la crevette, ça ne me disait pas des masses (parce qu'en fait j'aime bien les crevettes, surtout les grosses crevettes que je mange au Sénégal quand je vais chez mes parents).

Vous ne saviez pas que je dormais dans la cuisine? Eh bien si! Au départ quand on a loué la maison je pensais qu'il y avait deux chambres, l'une avec un grand lit (pour le couple JC & JQ) et l'autre avec deux lits à une place (pour S et moi). En tout cas c'est ce qui m'avait été dit. J'ai appris la veille du départ qu'en fait le quatrième lit ne se trouvait pas dans la chambre (trop petite) mais était un lit d'appoint rajouté dans la cuisine. Donc pendant une semaine j'ai dormi dans la cuisine. A priori ça ne me gênait pas, puisqu'il n'était pas prévu qu'on y fasse à manger. Au contraire, ça tombait même plutôt bien, vu que j'étais toujours le premier levé le matin. Mais ce soir-là où ils avaient décidé de faire la cuisine, ça m'amusait beaucoup moins.

Alors j'ai pris mes cliques et mes claques, et je suis sorti seul, les laissant savourer leur dînette. Je suis descendu sur le port, et je me suis acheté des ripieni alla ricotta e al prosciutto, que j'ai été dégusté tout en haut de l'île sur le belvédère qui surplombe la marina corricella. J'étais bien là haut dans la pénombre devant ce superbe paysage nocturne! D'en bas on entendait les musiques qui montaient des petits bateaux amarés dans la baie, et il y avait des feux de joie sur la plage d'à côté. C'était reposant cette obscurité poinçonnée des lumières de la ville...

Plus tard, je suis re-descendu dans l'animation de la ville, je suis re-descendu sur le port, et j'ai acheté ma glace du soir (nocciola, cioccolato e fior di latte) que j'ai savourée en goûtant le spectacle renouvellé tous les soirs de la promenade sur le port. Oui, ici les gens sortent le soir. Après la chaleur de la journée, ils s'habillent et se font beau pour aller déambuler sur la promenade du port. Je pense à chaque fois à la Passeggiata de Rossini, un petit morceau que j'avais chanté en chorale il y a quelques années. Le rituel de la promenade nocturne, un délice qui semble être commun à la plupart des pays chauds.

Quand je suis rentré, ils étaient toujours attablés sur la terrasse. Alors j'ai pris un bouquin, et je me suis assis à côté d'eux. Que faire d'autre? Je ne pouvais pas aller me coucher, la cuisine était pleine des restes de leur repas, la vaisselle n'était pas faite, il n'était pas envisageable de s'y coucher.

Ils sont restés sur la terrasse jusqu'à deux heures du matin (demain ils se reposent pour se remettre de leurs émotions, ils vont à la plage..). Et donc je suis resté sur la terrasse jusqu'à la même heure.

23/09/2005

Vacances italiennes (15), il ragazzo

Les magasins commençaient à ré-ouvrir quand je suis redescendu sur la via Toledo. Je l'ai aperçu qui garait sa moto sur la place. Il m'a aperçu aussi.

Nous nous étions vus dans la matinée, quand je remontais la via Toledo avec les trois autres en direction du musée archéologique de Naples. En me voyant il avait eu un geste assez obscène, il avait serré sa bite à travers son jean de façon très significative. Je l'avais immédiatement pris pour un prostitué. Il nous avait doublé, était passé devant nous en se caressant explicitement le cul, et avait tourné dans la première rue à droite. Quand nous étions arrivés à hauteur du croisement, il était appuyé sur une moto et me faisait signe de venir en se caressant l'entrejambe (à travers son jean, je tiens à rassurer les âmes sensibles!). Suis-je assez fou pour monter sur une moto avec un inconnu dans une ville que je ne connais pas? Non!

Et puis de toute façon je ne pouvais pas dire à JC, JQ & S "je vous laisse, j'ai un plan cul qui m'attend". Nous avons continué notre remontée de la via, et je suis passé devant le gigolo en l'ignorant.

Quand il m'a vu en ce début d'après-midi, il m'a fait signe de le suivre. Il a descendu quelques mètres dans la via Toledo et a tourné à gauche. J'ai reconnu la ruelle où il était appuyé sur sa moto ce matin. Il m'a fait signe de ne pas l'approcher de trop près, genre tu me suis mais il ne faut pas que les autres s'en rendent comptent, on ne se connaît pas.

Il a remonté la grille d'une boutique de fringues, et m'a fait signe de rentrer comme si j'étais un quelconque acheteur potentiel. Je suis rentré dans le magasin, et nous avons eu une conversation décousue "Bonjour, vous cherchez quoi? Je peux vous aider?". Je me suis dit "Mais qu'est-ce que c'est que ce gus qui me fait le suivre jusqu'ici et qui ensuite fait comme s'il ne savait pas pourquoi je l'avais suivi?". Puis j'ai remarqué que mine de rien il essayait de me di