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31/01/2010

Commentaires

Tambour Major

Si j'aime beaucoup certains cotés de Gainsbourg (ses premiers textes sont purement géniaux), quoique que ses débuts et ses frasques fassent couler beaucoup d'encre, et que j'aurais pu être intéressé par ce film, la mode des biographies et le batage médiatique me font fuir. Du coup, je n'irai pas le voir. Ton billet conforte ma décision.

DAVID

Le film est il est vrai pas terrible...
J'ai a peine 18 ans quand Serge Gainsbourg, de son vrai nom Lucien Ginsburg, décède des suites d’une crise cardiaque le 02 mars 1991. Vingt ans plus tard, j’écris comme pour ne pas oublier. Ecrire sur la légende revient à pleurer sur des pierres tombales. La futilité de la nostalgie, quelques regrets enfermés dans des 45 tours poussiéreux comme on enferme l’art sous verre. Regretter le passé en refusant le futur. Ecrire sur Gainsbourg relève de l’évidence, pas par chauvinisme aigu ou patriotisme larmoyant, plutôt par remerciement. Remercier l’avant-gardiste, l’artiste et l’homme qu’il était. Oui, Serge Gainsbourg est un Maître, se jouant des années pour livrer une œuvre éternelle. Aujourd’hui encore, les nostalgiques chantonnent La Javanaise, témoins d’une poésie intemporelle. Ce mot, poésie, lui sied presque aussi bien que la barbe de trois jours. Maniant la plume aussi bien que la cigarette et jouant des mots comme des femmes, les rimes deviennent des prétextes à son dadaïsme et ses divers jeux de langage. Gainsbourg se réclame de Boris Vian, Charles Baudelaire ou Charles Aznavour, de la musique classique et des standards de jazz mais au contraire de beaucoup, celui-ci ne se contente pas de faire de la rengaine américaine sous-titrée. Il ne peut concevoir que d’autres n’aient le même désir d’élévation et se complaisent dans la médiocrité en chantant des textes anodins. Il finira par devenir une icône, une sorte d’esthète auquel on se réfère. Belle revanche acquise à force de ténacité.
Je pourrai retracer son histoire, une sorte de biographie édulcorée errant entre cabarets et outre-Manche, mais la réalité est bien au delà. Il faudrait des livres entiers pour saisir son œuvre, découvrir ses racines. Une chanson de Gainsbourg se regarde comme un tableau de Francis Bacon, il faut l’admirer dans plusieurs sens. Il est au delà de l’éthylisme provocateur et d’un certain dandysme britannique, il se joue des codes pour créer les siens.
Serge Gainsbourg se nourrit d’ailleurs de richesses passées pour livrer une œuvre avant-gardiste : que les puritains le reconnaissent, il a fait gagner cinquante ans à la musique française en alliant la langue de Molière à des sonorités britanniques ou au reggae sacré. Mais l’œuvre de Gainsbourg ne serait pas la même sans l’influence de ses femmes, ses muses éphémères s’éclipsant à la fin d’une chanson. Au claquement d’un zippo. C’est avec le cœur meurtri que Serge Gainsbourg compose ses plus belles chansons et dépose sur quelques larmes un sublime Initials BB. Il trouve en Brigitte Bardot un idéal féminin avec lequel il se consumera, tandis que Jane Birkin est cette vision de femme-enfant : Melody Nelson. Je suis venu te dire que je m’en vais ou Je t’aime moi non plus traînent entre toutes les bouches amoureuses, représentatifs de ces baisers volés et échangés le long de la Seine. Vingt ans déjà que ce musicien le plus singulier de la culture française nous a quitté. Chanteur, compositeur, poète, écrivain, acteur, peintre, réalisateur, mélodiste, "l’homme à la tête de chou" brille toujours dans nos mémoires.

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